JULIE THÉRIAULT présente Projections

Pour Julie Thériault, la composition musicale et la peinture agissent comme de véritables vases communicants. C’est d’ailleurs la pratique de l’art pictural qui a poussé cette pianiste classique accomplie à écrire ses premières œuvres, il y a quelques années, des pièces au fort potentiel d’évocation. Pas étonnant dans ce contexte qu’elle ait choisi d’intituler sa nouvelle offrande Projections, laquelle paraît à peine plus d’un an après l’envoûtant Subduction, nommé au Gala de l’ADISQ 2018 dans la catégorie Album de l’année – Instrumental.

Julie Thériault a de nouveau fait appel aux cordes de l’Orchestre symphonique de Bratislava, qui réunit ici 31 instrumentistes dirigés par David Hernando Rico, ainsi qu’à la talentueuse violoniste québécoise Annie Guénette (membre d’I Musici). Si le piano et les instruments à cordes sont capables des plus grandes prouesses, la compositrice a pris le parti de la finesse et opté pour une certaine fragilité, préférant l’expressivité et l’intériorité à l’extrême virtuosité.

Le titre de l’album, Projections, est inspiré par la toile qui orne la pochette, signée par la musicienne. Riche en sens, il peut signifier le cinéma que l’on se fait en écoutant une pièce instrumentale, les émotions que la musique fait jaillir, les intentions que l’on prête au compositeur, ou un peu tout cela à la fois.

L’album s’ouvre avec Mirage, une pièce hypnotisante et introspective qui se déploie lentement mais sûrement, boucle après boucle. Recouverts d’un vernis poétique, ces tableaux musicaux se succèdent et s’enchaînent, comme reliés par un fil invisible, oscillant entre ombre et lumière, apesanteur et profondeur. En témoignent Isthme de l’être et Fleur de peau, où la délicatesse du piano côtoie la gravité des cordes.

Au fil des 12 pièces, on se transporte dans le chaud désert du Sahara (Sirocco), on explore les frontières insondables de l’univers (Mutation plutonique), on se plonge dans les mystères de l’au-delà (Volupté spectrale). Et on se laisse volontiers émouvoir par la touchante Pour M. Éthier, dédiée à un élève de la compositrice, professeur de latin à la retraite et grand amateur de valse, disparu en pleine production de l’album.

Projections, qui a bénéficié de la participation de Michel Bélanger à la direction artistique, a été réalisé et mixé par Julie Thériault et Claude Champagne.